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NAMUR, UNE CITADELLE EUROPÉENNE - Au XVIIIe siècle, le château de Namur est un des plus forts de toute l’Europe

IMG0030.gifAprès un court intermède d’indépendance sous le règne de Maximilien-Emmanuel de Bavière fait comte de Namur (1711-1713), le sort de la ville est réglé au traité d’Utrecht signé entre Louis XIV et ses ennemis européens. Les Pays-Bas espagnols sont transférés à la branche autrichienne des Habsbourg et, suite au traité conclu entre Hollande et Autriche en 1715, Namur devient une des forteresses de la Barrière. Celle-ci comprend une série de villes frontières où une garnison hollandaise peut s’installer, servant d’avant-poste face à la France.


A côté des soldats bataves, pratiquant la religion calviniste, des troupes austro-wallonnes se tiennent en ville. L’entretien et l’occupation des fortifications sont partagés entre les deux puissances. Le tout occasionne maintes frictions entre les gouvernants, les militaires et la population. Toutefois, le xviiie siècle est une période de paix relative. La ville acquiert l’essentiel de sa physionomie actuelle ; de riches hôtels particuliers voient le jour ; des églises sont reconstruites en style classique ; des places publiques sont créées. A l’opposé, les défenses les plus lointaines, Jambes, Bouge et Marlagne, sont abandonnées car pas moins de 30.000 hommes seraient nécessaires à leur défense.


Cependant, le fer et le feu tombent encore sur la ville mosane. Le règlement de la succession d’Autriche dérange le roi de France, Louis XV. En 1746, il envoie 37.500 soldats assiéger la place. Après une courte et molle résistance, les Hollandais capitulent. Perte irréparable, la vieille collégiale Saint-Pierre-au-Château est détruite par l’explosion d’une poudrière, avec la moitié du donjon médiéval.


Le document le plus précieux et prestigieux sur Namur est réalisé pendant la courte occupation française : de 1747 à 1749, l’ingénieur Jean-Baptiste Larcher d’Aubancourt dirige l’exécution du grand plan en relief conservé aujourd’hui à Lille.


En 1755-1756, le gouvernement autrichien de Bruxelles fait construire une nouvelle église paroissiale, à l’épreuve des bombes : c’est la chapelle Saint-Pierre qui présente le plan et la structure d’un magasin à poudre. Le Service de l’Archéologie en Province de Namur y a sa salle d’exposition et ses réserves depuis 1996.


Les ingénieurs militaires hollandais procèdent jusqu’en 1759 à des aménagements mineurs tels le creusement de galeries souterraines et de contre-mines, l’aménagement de casemates de tir sur le chemin de ronde côté Sambre, la construction d’un magasin à poudre supplémentaire dans le fossé du château médiéval entre les deux tours du donjon, et le reprofilage des talus de rempart. Excepté cette dernière opération, tout reste visible.


Date de création : 20/09/2007 @ 17:06
Dernière modification : 20/09/2007 @ 17:09
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