Un grand hôtel, deux routes panoramiques, une ligne de tramways, un stade des jeux et un théâtre de verdure, en plein air, permettent la découverte, ô combien pacifique, du plateau du Champeau. Les premières villas résidentielles voient alors le jour, approvisionnées en eau potable par le château d’eau construit en 1922.
Lors des deux conflits mondiaux, les troupes utilisent la citadelle comme caserne et, accessoirement, comme poste de défense anti-aérienne. En 1939, une partie des souterrains est aménagée en mini ligne Maginot : les parois sont bétonnées, des compresseurs d’air permettent l’isolation complète des galeries, sas blindés, créneaux pour mitrailleuse et goulotte à grenade complètent le dispositif. Destinés à servir de poste de commandement à la Position Fortifiée de Namur, les souterrains seront occupés cinq jours en mai 1940.
Les derniers militaires présents sur le site sont le régiment para-commandos, jusqu’en 1977. De leur côté, les volontaires pour la Corée (1950-1952) trouveront abri dans des baraquements en bois et recevront leur formation dans les vieux remparts.
Cédée à la Ville en 1975, effectivement quittée en 1977, la dernière zone militaire de la citadelle est ouverte au public depuis 1978.
Puisse le visiteur ne jamais oublier les efforts, le travail, la sueur et le sang dépensés sur ces huit hectares de terre et de pierre, enjeu européen multiséculaire de bien des luttes entre des nations maintenant entrées dans une union durable.